Accueil › Guides › Cartographie des risques LCB-FT

Cartographie des risques LCB-FT : la méthode pour un domiciliataire

Lors d'un contrôle, la DGCCRF examine les procédures du domiciliataire, et la cartographie des risques figure en tête de liste. Voici ce que disent les textes, une méthode en quatre étapes et un exemple de grille adapté à la domiciliation.

La cartographie des risques est le document écrit dans lequel le domiciliataire identifie, évalue et classe ses risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Sans elle, les mesures de vigilance appliquées aux clients n'ont pas de base.

Ce que dit la réglementation

L'article L561-4-1 du Code monétaire et financier impose à chaque professionnel assujetti, dont les domiciliataires, de définir et mettre en place un dispositif d'identification et d'évaluation de ses risques de blanchiment et de financement du terrorisme, ainsi qu'une politique adaptée. Il doit en particulier établir une classification des risques selon les services proposés, les conditions de l'opération, les canaux de distribution, les caractéristiques des clients et les pays d'origine ou de destination des fonds.

Les lignes directrices conjointes de la DGCCRF et de Tracfin pour les sociétés de domiciliation précisent les attentes :

La Commission nationale des sanctions l'a rappelé : la petite taille d'une société de domiciliation et le prix modeste de ses prestations ne l'exonèrent pas de ses obligations (décision n° 2018-33 du 11 décembre 2019), et l'adhésion à un syndicat professionnel qui informe sur les risques ne remplace pas une formation réellement dispensée au personnel (décision n° 2017-30 du 23 mai 2018).

Étape 1 : identifier vos risques

Partez de votre activité réelle, pas d'une liste théorique. Pour un domiciliataire, les facteurs de risque se regroupent en quatre familles. Les lignes directrices en donnent des exemples, à titre d'illustration :

Ajoutez vos propres facteurs : souscription entièrement à distance, réexpédition systématique du courrier à l'étranger, nombre élevé de sociétés domiciliées par un même dirigeant, etc.

Étape 2 : évaluer chaque risque

Pour chaque facteur, estimez deux choses : la probabilité de le rencontrer dans votre clientèle et son impact s'il se réalise. Une échelle simple à trois niveaux (faible, moyen, élevé) suffit le plus souvent. Appuyez-vous sur vos chiffres : part de créations de moins d'un an, part de dirigeants non rencontrés, part de clients en réexpédition. Une évaluation chiffrée est plus convaincante en contrôle qu'une appréciation générale.

Étape 3 : classer vos clients

La classification traduit l'évaluation en niveaux de risque client, chacun associé à un niveau de vigilance :

NiveauExemples de situationsVigilance
FaibleSociété ancienne, dirigeant rencontré, dossier complet, paiement par prélèvement depuis un compte à son nomSimplifiée possible, à justifier
StandardCréation récente, dossier complet, aucun signal particulierNormale : identification, bénéficiaire effectif, objet de la relation, suivi
ÉlevéDirigeant non rencontré et multi-mandats, pièces manquantes malgré relances, courrier non relevé, lien avec un pays à risque, personne politiquement exposéeRenforcée : recherches complémentaires, justification écrite, validation par la direction, mise à jour plus fréquente

Avec le règlement européen AMLR, applicable le 10 juillet 2027, les dossiers des clients à risque élevé devront être mis à jour au moins une fois par an, les autres au moins tous les cinq ans (voir notre guide AMLR).

Étape 4 : décrire vos mesures et les tenir à jour

Pour chaque niveau, écrivez ce que fait concrètement votre équipe : pièces exigées, contrôles au registre et au gel des avoirs, qui valide l'entrée en relation, à quelle fréquence le dossier est revu, quand une déclaration de soupçon est envisagée. Désignez un responsable du dispositif (art. L561-32). Informez et formez le personnel, et gardez la trace de ces formations (art. L561-34).

Les lignes directrices demandent une actualisation régulière, sans fixer de rythme. Une revue au moins annuelle, et à chaque changement important (nouvelle offre, souscription en ligne, nouveau site, évolution réglementaire), est une bonne pratique.

Comment Cowork-Link vous aide

Cowork-Link est le logiciel de gestion des domiciliataires, centres d'affaires et coworkings édité par PCi, à Bordeaux. Côté conformité :

Les données sont hébergées en France. Voir la conformité LCB-FT dans Cowork-Link · Demander une démo : sans engagement, mise en place offerte.

Questions fréquentes

La cartographie des risques est-elle obligatoire pour un petit domiciliataire ?

Oui. L'obligation vaut pour tous les domiciliataires. Le dispositif peut être proportionné au volume et à la nature de l'activité, mais il doit être écrit et propre à votre structure. La Commission nationale des sanctions a jugé que la petite taille et des prix bas n'exonèrent pas des obligations (décision n° 2018-33).

Un modèle trouvé en ligne suffit-il ?

Non. Les lignes directrices DGCCRF-Tracfin précisent que reprendre leur contenu ou reproduire les articles du Code ne suffit pas : le dispositif doit être individualisé. Un modèle peut servir de trame, à condition de l'adapter à vos clients, vos services et vos chiffres.

À quelle fréquence la mettre à jour ?

Les textes demandent une actualisation régulière, sans fixer de fréquence. En pratique, revoyez-la au moins une fois par an et à chaque changement significatif de votre activité ou de la réglementation.

Quel lien avec le niveau de vigilance appliqué à chaque client ?

Direct : la cartographie fixe les critères qui classent chaque client en risque faible, standard ou élevé, et chaque niveau correspond à des mesures de vigilance définies à l'avance.

Publié le 2 novembre 2026 · Rédigé par PCi, éditeur de Cowork-Link. Ce guide est informatif et ne remplace pas un conseil juridique.

Voyez Cowork-Link sur votre propre activité.

Une démonstration en visio, construite autour de votre centre : vos contrats, votre façon de facturer, vos obligations de vigilance. Sans engagement, avec l'équipe qui développe le logiciel.