Le domiciliataire d'entreprises est assujetti à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT). En janvier 2026, Tracfin et la DGCCRF ont actualisé leur plaquette consacrée à la domiciliation. Les chiffres qu'elle rappelle montrent que les contrôles ne sont pas théoriques : en 2023, la Commission nationale des sanctions a rendu 19 décisions contre des domiciliataires, avec des amendes de 500 à 50 000 € et des interdictions d'exercer de 2 à 12 mois.
Ce guide fait le point sur ce qu'un contrôleur regarde, sur les manquements les plus fréquents et sur ce qui pourrait changer. Il se termine par une checklist.
Ce que le contrôleur vérifie
Un contrôle porte d'abord sur le cadre de l'activité, puis sur les dossiers clients, pris un par un :
- L'agrément préfectoral, en cours de validité, et la déclaration des changements intervenus.
- Le contrat de domiciliation, écrit, d'une durée d'au moins trois mois.
- L'identification du client avant l'entrée en relation : identité du dirigeant, extrait d'immatriculation, statuts, justificatif de domicile, bénéficiaires effectifs.
- La classification des risques : le professionnel doit évaluer le risque de chaque client et appliquer le niveau de vigilance adapté (simplifiée, constante, complémentaire ou renforcée).
- La vigilance dans la durée : des pièces à jour et un suivi des changements chez le client.
- Le gel des avoirs : la vérification des clients et de leurs dirigeants sur les listes de sanctions.
- La déclaration de soupçon à Tracfin via la plateforme ERMES, quand elle s'impose.
- La conservation des documents pendant cinq ans après la fin de la relation, et la formation des équipes.
Pour le détail de ces obligations, voir notre guide Obligations LCB-FT du domiciliataire.
Les manquements les plus fréquents
Lors de son enquête sur 50 domiciliataires (2022), la DGCCRF a relevé au moins une anomalie dans plus de 60 % des établissements. Les manquements les plus cités :
- des dossiers incomplets : pièce d'identité, extrait K-bis ou statuts manquants ;
- des justificatifs de domicile et des documents comptables souvent absents ;
- des pièces dont la date de validité n'est pas suivie ;
- une méconnaissance de la déclaration de soupçon : une seule déclaration chez l'ensemble des opérateurs contrôlés.
Ces manquements ont débouché sur des avertissements, des injonctions de mise en conformité et des transmissions à la Commission nationale des sanctions. La plupart relèvent moins d'une mauvaise intention que d'un suivi manuel qui ne tient pas sur des centaines de dossiers.
Gel des avoirs : un contrôle qui ne s'arrête pas à la signature
La Direction générale du Trésor et l'ACPR ont mis à jour leurs lignes directrices sur le gel des avoirs le 16 mars 2026. Elles visent d'abord le secteur financier, mais elles décrivent bien ce qu'on attend de tout professionnel concerné :
- une obligation de résultat : une personne visée par une mesure de gel doit être détectée ;
- une application sans délai des nouvelles mesures, ce qui suppose de revérifier régulièrement toute la clientèle, et pas seulement les nouveaux clients ;
- une recherche qui tient compte des variations d'orthographe des noms ;
- une source de référence : le registre national des gels.
Un domicilié vérifié le jour de la signature peut faire l'objet d'une mesure six mois plus tard. Le domiciliataire doit alors s'en apercevoir, puis informer la Direction générale du Trésor de toute tentative d'opération. Voir aussi notre guide Gel des avoirs : ce que doit faire un domiciliataire.
Ce qui pourrait changer : la proposition de loi du Sénat
Une proposition de loi « visant à renforcer la régulation des sociétés de domiciliation » (n° 270) a été déposée au Sénat le 8 janvier 2026. Elle est en première lecture, renvoyée en commission, et n'est pas adoptée à ce jour. Elle prévoit notamment :
- la vérification de la cohérence entre l'identité du dirigeant, l'activité déclarée et le profil de risque, avant la signature ;
- un signalement au-delà d'un seuil de sociétés domiciliées à une même adresse ;
- une formation initiale et continue des équipes à la LCB-FT ;
- un registre numérique des entreprises domiciliées, accessible aux administrations ;
- des sanctions pouvant aller jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires en cas de récidive.
Le texte peut évoluer, mais il va dans le sens des contrôles actuels : des dossiers complets, un suivi dans la durée et des traces exploitables.
Checklist : êtes-vous prêt pour un contrôle ?
- Votre agrément est valide et les changements ont été déclarés.
- Chaque domicilié a un contrat écrit et un dossier complet, bénéficiaires effectifs compris.
- Chaque dossier porte un niveau de risque et le niveau de vigilance qui en découle.
- Les pièces expirées sont repérées et redemandées.
- Vous savez, pour chaque société, si elle a été radiée, si elle a changé de dirigeant ou si elle a transféré son siège.
- Clients et dirigeants sont vérifiés au gel des avoirs régulièrement, pas seulement à l'entrée.
- Votre procédure de déclaration de soupçon est écrite et connue de l'équipe.
- Les documents sont conservés cinq ans après la fin de la relation, et la formation des équipes est tracée.
Comment Cowork-Link vous aide
Cowork-Link est le logiciel de gestion des domiciliataires, centres d'affaires et coworkings édité par PCi, à Bordeaux. Côté conformité :
- un dossier KYC par client, avec ses pièces justificatives, que le client peut déposer depuis son espace client ;
- une surveillance chaque nuit du registre des entreprises et du gel des avoirs pour vos domiciliés, leurs représentants et leurs bénéficiaires effectifs : plus de 14 000 sociétés sont surveillées chaque nuit ;
- un scoring de risque dirigeant, calculé automatiquement, pour fixer le niveau de vigilance ;
- des alertes dans le centre de notifications quand une société est radiée, change de dirigeant ou apparaît au gel des avoirs.
La décision de déclarer un soupçon reste la vôtre : Cowork-Link vous donne les éléments pour la prendre à temps. Les données sont hébergées en France, chez un hébergeur certifié ISO 27001 et HDS.
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Questions fréquentes
Un domiciliataire doit-il vérifier le gel des avoirs après l'entrée en relation ?
Oui. Les mesures de gel s'appliquent sans délai. Un client vérifié à la signature doit être revérifié lorsque de nouvelles mesures sont publiées au registre national des gels.
Quelles sanctions risque un domiciliataire en cas de manquement LCB-FT ?
Avertissement, injonction de mise en conformité, puis saisine de la Commission nationale des sanctions. En 2023, celle-ci a prononcé des amendes de 500 à 50 000 € et des interdictions temporaires de 2 à 12 mois.
La proposition de loi de 2026 est-elle en vigueur ?
Non. La proposition n° 270 déposée au Sénat le 8 janvier 2026 n'est pas adoptée. Les obligations actuelles du Code monétaire et financier et du Code de commerce s'appliquent.
- Tracfin / DGCCRF : plaquette « Domiciliation d'entreprises » (janvier 2026, PDF)
- DG Trésor / ACPR : lignes directrices sur le gel des avoirs (mars 2026, PDF)
- DGCCRF : enquête sur la LCB-FT chez les domiciliataires
- Sénat : proposition de loi n° 270 visant à renforcer la régulation des sociétés de domiciliation
Publié le 1er octobre 2026 · Rédigé par PCi, éditeur de Cowork-Link. Ce guide est informatif et ne remplace pas un conseil juridique.